AU-DELÀ

à Djerba comme à la maison

LE PROJET

Des vacances au soleil mais hors-saison, farniente, sans trop rien faire (tout le contraire de notre voyage à Bali). Pas trop loin, pas trop cher, pas trop longtemps (pour partir un peu plus loin, un peu plus longtemps cet hiver). Plage, soleil et dépaysement. Direction Djerba.
Le truc c'est que je ne suis pas fan (du tout) des grands hôtels façon all inclusive & plage privée "coupés du monde". Plutôt du genre à vouloir m'imprégner de la culture, échanger, rencontrer de belles personnes. J'ai pris les billets d'avion via Fnac Voyage (j'avais des chèques vacances qui trainaient dans un tiroir depuis un moment, bientôt périmés) : départ samedi 9 septembre - retour lundi 18 ; nous voyagerons avec Tunis Air. Je décide de m'occuper du logement : via Airbnb, comme d'habitude. C'est alors que je trouve un appartement un peu grand pour deux mais plutôt joli et au sein d'un gîte (dirons-nous) plutôt traditionnel. En cherchant un peu, je me retrouve sur le site internet de la résidence : l'Oxalà House.

OXALÀ HOUSE

se prononce ô-cha-la.

L'Oxalà House est la première résidence de tourisme équitable et local à Djerba, elle est comme le contre-pied du tourisme de masse que j'ai en horreur qui est en place sur l'île. La résidence favorise le contact avec la population locale et l'immersion dans la vie des djerbiens ; elle met un point d'honneur à travailler avec des communautés locales, des prestataires de services locaux sélectionnés sur la qualité du service et la confiance (nous l'avons apprécié lors de nos déplacements sur place). Zouhair (c'est le prénom du propriétaire) a été jusqu'à vouloir l'architecture typique djerbienne : des maisonnettes blanches passées à la chaux, des dômes dans les chambres et une décoration épurée. Un cadre verdoyant, une proximité avec l'une des plus belles plages de Djerba, avec les deux plus grandes villes de l'île aussi : Houmt Souk et Midoun. On compte 7 maisonnettes au total - du studio pour deux au duplex pour huit personnes et des tarifs qui vont de 22 à 89 euros en fonction de la saison (haute ou basse) ; chaque maisonnette disposant d'une terrasse privée avec - évidemment - un accès aux jardins et à la piscine commune. Plus d'informations sur le site. Complètement séduite par le concept, je réserve directement auprès de Zouhair.

EMBARQUEMENT IMMÉDIAT

Samedi 9 septembre

On atterrit à l'aéroport de Djerba Zarzis (le seul) à 13h40 (heure locale, une heure de moins qu'à Paris). C'est désert (pour vrai) ! Nous faisons une halte au bureau de change dans l'aéroport : nous avons prévu un budget de 200 euros chacun (pour manger surtout, se déplacer - en taxi - et se balader à dos de dromadaire dans les dunes au couché du soleil). Il y a un petit stand Ooredoo, on achète ici une carte prépayée avec 5Go en 4G afin d'avoir un accès internet n'importe où - quand on se perd (souvent). Albi nous attend sur le parking, un jeune homme dans son taxi jaune que Zouhair nous envoie (comme convenu par email avant d'arriver). Ici, la ceinture n'est pas obligatoire, en tout cas pas à l'arrière de la voiture. Après 25 minutes de route à peu près (peut-être 20), un virage à droite au niveau du tronc de palmier coupé net, on arrive dans l'allée, un beau dromadaire sur le côté comme un chien de garde géant, stoïque. Khaled nous accueille, les pieds nus et un chapeau de paille sur la tête, c'est le gardien de ces lieux (bien plus dans les faits) ; Zouhair n'est pas bien loin. On découvre l'Oxalà House, la piscine en forme de haricot, les palmiers, les aloès, les agaves, les ânes au loin (dont un bébé), la terrasse, l'appartement.

On fait le tour, on dépose nos valises, on sort les maillots de bain et on file mettre les pieds dans l'eau, sur la plage droit devant. Le sable est fin et blanc, il y a pas mal d'algues au bord de l'eau (on apprendra plus tard qu'il y a eu une grosse tempête de vent sur 3 jours avant notre arrivée mais que sans cela l'eau est claire et turquoise) ; on marche au bord de l'eau un moment avant de se poser face à la mer. On croise quelques chevaux maquillés, on nous propose une balade : on verra plus tard. Il est 17h et le soleil est tout doux, on ne tarde pas à rentrer : la nuit tombe vite. En passant nous allons faire quelques emplettes à la supérette du coin de la rue : des oeufs (brouillés au petit déjeuner), des biscottes, quelques olives vertes (pour les petits creux), de la confiture d'abricot (en conserve, fabriquée en Tunisie), de la Ricoré, du thé (rouge - je n'en trouve pas du vert, pas en sachet du moins) et de l'eau. Rentrés, on croise Khaled qui nous dit qu'il est venu avec Zouhair sur la plage, à notre rencontre, mais qu'ils ne nous ont pas trouvés (on a bien marché en vrai) ; sur la terrasse, Khaled nous montre qu'il y a un caméléon dans les feuillages juste-là (comme on a des pigeons sur le rebord des fenêtres à Paris). Je profite de sa présence pour lui demander si on peut trouver du thé vert ici, alors il me dit que oui (évidemment), s'en va et m'apporte une boîte pleine de thé vert en sachets, je peux tout garder. Il nous demande si nous aimons le traditionnel thé vert à la menthe et nous propose d'en faire un pour nous. Il me demande aussi si je suis tunisienne, alors pas vraiment mais mon arrière-grand-père aurait du sang tunisien donc peut-être un peu finalement ; il dit : "c'est les yeux". Avant de repartir, il compose un numéro et me passe son téléphone : c'est Zouhair qui nous souhaite la bienvenue et qui tient à nous recommander un ou deux endroits où passer la soirée pas loin. Il évoque un bar à tapas sympa : Ze Mess, qui diffuse de la bonne musique (même que parfois le gérant sort sa guitare pour jouer quelques morceaux en live), et une petite bicoque sur la plage (celle que nous avons longée cet après-midi) nommé La Rose, ses bricks à l'oeuf et son cadre sympathique (les pieds dans le sable) - seul hic : il ferme tôt le soir (il est possible de s'installer jusqu'à 19h mais pas au-delà) ; nous irons grignoter quelque chose à midi un peu plus tard dans la semaine. Quand je raccroche, Khaled file et nous passons sous la douche. Il est 19h30, il fait bientôt nuit (pour le moment c'est rose). Nous décidons donc (étant donné l'heure) d'aller tester Ze Mess. Nous n'avons pas revu Khaled alors nous le cherchons (nous ne voulons pas partir alors qu'il nous conviait - plus tôt - à boire un thé à la menthe) ; il est en train de nourrir les ânes. Nous discutons avec lui dans le noir (maintenant), quand il nous invite - dans son atelier - à boire le thé à la menthe qu'il avait laissé infusé (tout ce temps) : trop bon, il nous offre des petits gâteaux à la figue avec.

Après ça, nous allons en direction du bar à tapas et effectivement, ce n'est pas très loin (à 10 minutes à pieds même pas - Khaled nous escorte en vélo pour que nous n'ayons pas à mettre Google Maps : "c'est pas la peine"). Le cadre est agréable : des tables en palettes repeintes en jaune et en bleu, des lumières bleues, des petites bougies, des canapés. La carte tient sur deux pages (c'est bon signe) et la mention "tous nos plats sont fait-maison et en famille" annonce la couleur. Le principe : 3 tapas au choix pour 12 dinnars. Au menu : le poisson du jour grillé et pané aux graines de sésame, des mini-bricks au thon et au fromage, des mini-pizzas libanaises, des patatas bravas, un ojja servi dans un petite casserole, entre autres choses. Tout y est vraiment bon et le service est top : les gens sont souriants, serviables, attentifs et sympathiques. Ce sera notre cantine tout du long, presqu'un soir sur deux.

DIMANCHE 10 SEPTEMBRE

Petit déjeuner sur la terrasse, au soleil ; nous allons attendre Zouhair au bord de la piscine, Antoine termine sa lecture du livre "Le Pape, le Kid et l'Iroquois" (commencée il y a un an peut-être) et moi celle que j'ai commencée dans l'avion : La fille du train  de Paula Hawkins. Khaled passe par là et me demande de venir voir juste derrière les transats, un tout petit bébé tortue (papa & maman tortues ne sont pas bien loin, les tontons et les cousines non plus en fait), complètement gaga.

Zouhair arrive, petit débrief sur ce qu'il y a à voir, à faire, sur l'île ;  il a apporté avec lui des cartes qu'il a faite à la main, les endroits recommandés et ceux à éviter y sont indiqués (commerces, restaurants, salons de thé, ...). Il y a aussi cette notice que Zouhair nous a envoyé en amont de notre arrivée à Djerba : y figure les "règles du jeu" dans les souks, les prix de base pour ne pas se faire avoir, les bonnes adresses aussi (du salon de thé au cabinet médical), tout ça sur 9 pleines pages. Suite à cela, on commande un taxi auprès de Zouhair pour aller visiter Houmt Souk.

HOUMT SOUK

À peine arrivés, nous sommes alpagués pour aller sentir les épices et essayer les plus belles babouches du souk : direct dans le bain. Un peu insistants mais très gentils, ces messieurs ont vite compris que nous n'étions pas venu pour acheter ; pas tout de suite du moins, nous venons d'arriver. Nous avons trouvé la technique : dire que nous étions chez des amis : imparable. Il faut savoir que les "rabatteurs" font croire aux touristes qu'ils travaillent au sein de leur hôtel (avec une approche approximative du genre "on s'est déjà vu quelque part tu te souviens pas ? à l'hôtel tu sais !" et puis hop hop hop la machine est lancée) pour les amener là où on peut les arnaquer bien comme il faut. Sauf que nous n'étions pas dans un hôtel et que ça en a fait déchanté plus d'un quand on répondait que c'était impossible puisque nous étions chez des amis (c'était presque vrai). Le truc c'est qu'en tant que français (tout le monde parle français là-bas, et tout le monde aime la France) c'est plus compliqué de se dépatouiller gentiment d'un vieux monsieur qui nous assure que la boutique dont il parle est celle qui fera notre bonheur : du coup, on le suit et une fois sur place, quand il a le dos tourné, on rebrousse chemin ni vus ni connus. Ce monsieur aura, en chemin, fait une offre à Antoine : "900 chameaux pour la gazelle" - la gazelle c'est moi à laquelle il a répondu que ce n'était pas assez ; il a renchérit "900 chameaux & un âne" à prendre ou à laisser. Technique d'approche commerciale ou pas (puisque Khaled m'a aussi fait la remarque), on me demande souvent (encore) si je suis tunisienne. Un petit creux, Zouhair nous a fait le topo de ce qui est ouvert ou fermé le dimanche et les meilleurs restaurants sont fermés ; nous mangerons chez Gusto : pas trop mal mais déserté/désertique, Antoine dit avoir privatisé le lieu, on pourrait y croire. Le personnel est sympathique et la cuisine pas extraordinaire mais pas mauvaise. Nous décidons de prendre le thé sous le ficus géant, à l'ombre. Il fait très chaud, nous décidons de faire 2/3 courses à la supérette avant de monter dans un taxi. Nouveau moment détente au bord de la piscine. Vers 18h nous rejoignons Khaled qui nourrit les animaux, nous discutons jusqu'à ce que tombe la nuit. Nous allons pour dîner au Ze Mess (encore) mais c'est fermé le dimanche, nous nous installons finalement à une table de l'hôtel-restaurant juste à côté, en terrasse mais le vent souffle fort (une tempête de vent / de sable s'annonce là) et on finit par s'installer en salle, encore une fois seuls au monde. Tout le personnel est très attentionné, on s'offre une petite bouteille de vin blanc (ici, les restaurants ne servent pas tous de boissons alcoolisées) et on se régale de brick à l'oeuf, de salade méchouia et d'ojja. Nous rentrons à pieds dans la tempête, on lutte pour avancer, on en rit tant qu'on se fait contrôler par la police : il y a de nombreux "barrages" de police sur l'île (je ne saurais évaluer la distance entre chaque mais il est possible d'en passer 2 voire 3 lors d'un trajet d'une petite demi-heure en voiture). L'officier nous demande de le rejoindre de l'autre côté de la chaussée, ce que nous faisons ; arrivés à son niveau il nous observe d'un peu plus près puis nous dit que c'est bon, on peut rentrer. J'ai émis l'hypothèse qu'il ait pensé que nous étions ivres sur la voie publique tant nous riions dans la tempête de vent - à vérifier. Rentrés sains et saufs, nous ne nous doutions pas de ce qui allait se passer à l'aube.

LUNDI 11 SEPTEMBRE

Nous sommes du genre à mettre un réveil en vacances pour profiter un maximum du soleil du temps sur place. Le réveil sonne donc à 8h (7h en France), on récupère les chaises plus bas (mises à l'abris par Khaled pour éviter quelconque accident dû aux rafales de vent la veille au soir) et petit déjeuner sur la terrasse. D'ici on peut voir la piscine, de l'autre côté la plage au loin et ce matin on peut même apercevoir Carlos (le dromadaire de la maison - il n'avait pas de petit nom alors on lui en a vite donné un) ; fait étrange puisque Carlos est normalement caché à l'ombre des palmiers et attaché à l'un d'eux. C'est alors qu'on voit le dromadaire s'avancer et gambader dans le jardin. On s'inquiète un peu de le voir en liberté au bord de la route alors on appelle Khaled, dans le doute. Il arrive, "pas de panique". Sauf qu'entre-temps, Carlos se rapproche dangereusement de la route qui passe pas loin, une voie rapide. Antoine descend rejoindre Khaled au cas où il aurait besoin d'aide. À peine arrivés dans l'allée, Carlos prend la fuite et traverse la voie rapide (j'assiste à la scène depuis la terrasse, effarée), il arrive sain et sauf de l'autre côté, en direction de la presqu'île des Flamants, c'est désertique. Je regarde le spectacle au loin, les deux bonhommes qui avancent, s'approchent doucement de la bête qui - quand elle les voit s'approcher trop près d'elle - s'en va vite fait bien fait ; jusqu'à ce que je ne puisse plus voir que 3 petits points : un gros d'un côté et deux petits derrière. Je n'aurais le compte-rendu de la course-poursuite qu'au retour de monsieur, deux heures et trente minutes plus tard. Pieds et torse nus, Antoine aura cavalé derrière Carlos, élaboré avec Khaled diverses stratégies d'approche (pourquoi ne pas faire appel à ses amis qui possèdent des chevaux ? inutile, "le dromadaire est bien plus à l'aise dans le sable que le cheval, il court plus vite sur ce terrain-là") et de diversion (la chorégraphie du crabe face à la bête, une chaussure dans chaque main - celles que Khaled lui a demandé de mettre aux pieds, les siennes), collaboré avec une équipe de locaux en quad (en vain) pour finalement arriver au bout d'un bras de la presqu'île des Flamants : Carlos est dos au mur (à la mer en vrai), Khaled le rassure, l'appâte avec un seau plein d'orge pour enfin lui passer la corde au cou. On apprendra par la suite que Carlos attend un petit, dorénavant ce sera Charlotte (beaucoup moins exotique j'en conviens).

LA PRESQU'ÎLE DES FLAMANTS

Le plus drôle dans tout ça c'est le programme de la journée : balade jusqu'au bout de la presqu'île des Flamants ; pas question d'y renoncer parce qu'Antoine l'a déjà parcourue à moitié. Nous marchons une bonne heure au bord de l'eau, des ruines, du sable, des déchets - même si on essaie de passer outre parce que ça gâche la carte postale -, des oiseaux aussi, mais personne d'autre que nous (décidément). Nous avons prévu un pique-nique : des sortes de barquettes sablées salées (dont je n'ai pas noté le nom) que l'on garnira de tomates en dés. Nous nous sommes arrêtés manger, un peu avant le bout de la presqu'île et nous n'irons pas plus loin en fait, pas sous ce soleil de plomb. Après une pause déjeuner au calme, nous rebroussons donc chemin mais sur l'autre rive, du côté des marécages, là où les colonies d'oiseaux se cachent et migrent. Nous croiserons une large population de mouettes (des goélands peut-être), et plusieurs familles de flamants roses ; nous voudrons les voir de plus près quand ils prendront leur envol, quel spectacle.

Nous rêvons de piquer une tête dans la piscine alors nous pressons le pas ; heureusement que Djerba n'est pas une île trop en relief car sans réseau nous n'aurions pas pu trouver le chemin aussi facilement qu'ici : tout est à portée de vue, y compris le grand bâtiment blanc qu'on sait voisin de l'Oxala House. 

Arrivés, nous déposons nos affaires sur un transat pour plonger dans l'eau, tête la première. Khaled nous interpelle et nous demande de venir le rejoindre dans l'atelier, prendre un thé ; il remerciera Antoine mille et une fois de son aide pour récupérer Carlos/Charlotte ce matin. Nous l'accompagnons ensuite nourrir les ânes, les poules et les moutons (ils ont la queue longue, en France on la leur coupe - et je me couche alors moins bête). Épuisés, nous irons donc nous restaurer chez Ze Mess, ce soir nous tomberons de sommeil.

MARDI 12 SEPTEMBRE

Debout à 8h00, petit déjeuner en terrasse et le taxi nous récupère à 9h30 (c'est le papa d'Albi, très gentil monsieur) : direction la lagune.

LA LAGUNE

C'est tout à l'est, c'est une étendue d'eau qui vient dans les terres (et qui isole alors une jolie plage sauvage, mais c'est un secret). Nous posons nos serviettes sur celle qui est accessible directement en arrivant, à droite de la lagune donc, en longeant l'ancien (et fameux - pour les frasques de ses adhérents surtout, selon les dires des locaux) Club Med Djerba La Fidèle (désormais fermé). L'eau est belle, il y a quelques touristes, cette fois nous ne sommes pas les seuls mais nous sommes tranquilles : nous pouvons aisément faire une partie de raquettes de plage sans que personne ne se fasse assommer par une balle que j'aurais envoyé trop loin, trop fort. Quand la faim se fait sentir, nous nous dirigeons vers l'entrée du restaurant La Lagune juste derrière nous : le cadre est agréable, la vaisselle est jolie, il reste peu de places mais au moins deux pour nous, à l'ombre sous un toit de paille. Le serveur est débordé, seul en "salle" mais très agréable et serviable. Le menu est une déclinaison de divers assortiments de poissons et crustacés grillés juste-là, devant nous.

Une fois rassasiés, nous décidons de traverser la lagune et d'aller à la découverte de cette plage secrète. Zouhair nous a expliqué qu'on pouvait la traverser sur le dos d'un cheval ou d'un dromadaire, à bord d'un bateau de pécheurs (ils sont nombreux accostés là) ou bien à pieds (si nous n'étions pas des chochottes - challenge accepted). Nous choisissons de nous mouiller et de traverser l'étendue d'eau non sans peine mais nous y arrivons sans mal. La plage est déserte et l'eau y est plus belle encore. Nous mettons même la main (le pied) sur une épave de bateau, ce qu'il en reste du moins. Nous restons un moment là, à chanter faux, danser sur la pointe des pieds, courir dans tous les sens, rire à gorges déployées sans personne pour nous regarder de travers ; c'est jouissif.

Il faut cependant se résoudre à quitter ce paradis perdu et traverser la lagune à nouveau ; à marée haute cette fois. Nous croisons deux pêcheurs rentrés bredouilles, l'un d'eux nous recommande un "itinéraire" pour rejoindre l'autre rive. Nous commençons l'immersion, nous croisons quelques crabes et je prends peur, j'aurais voulu monter sur les épaules de monsieur mais il est déjà chargé comme une mule (pendant que je filme l'épopée). Je prends sur moi, j'avance mais je ne suis pas sereine. Nous arrivons alors au niveau de la zone sombre de la lagune : des algues à perte de vue, pas moyen de les éviter (merci monsieur le pêcheur mais à l'aller nous n'étions pas passés par là). Nous avançons et c'est affreux, le sol est mousseux presque mouvant, on s'enfonce littéralement : les algues m'arrivent alors jusqu'aux cuisses et l'eau mouille le haut de mon maillot (monsieur le pêcheur avait pourtant dit "max jusqu'au nombril"). Je cours pour en finir, j'ai l'impression que c'est pire, je hurle tout du long mais j'arrive enfin sur la rive ; les pêcheurs (deux autres) nous demandent si tout va bien et nous proposent la traversée en bateau la prochaine fois (je prends note). Nous rentrons avec Albi et, à peine arrivés, Khaled nous invite à boire le thé, ce petit rituel. Nous ne savons pas où passer la soirée, Ze Mess ? Khaled nous conseille d'aller manger chez Chouchou, "c'est pas bien d'aller toujours au même endroit, il faut aller voir comment c'est ailleurs". Nous lui faisons confiance et nous y mangerons notre premier couscous (végétarien) à Djerba : un délice. La salle est comble, l'ambiance est conviviale : comme à la maison.

MERCREDI 13 SEPTEMBRE

Ce matin, pas de vent. Il est 8h30 et le petit-déjeuner est un supplice (entendons-nous), à peine sortis de la douche qu'on voudrait y retourner. À 9h30 nous sommes dans le taxi pour Djerbahood, ce musée à ciel ouvert.

DJERBAHOOD À Erriadh

Il faut s'y perdre (ou suivre le plan, au choix) pour tomber nez à nez avec la planète terre qui dégouline de toutes les couleurs, se faire surprendre par le buste d'un chat géant, le portrait de Danny Trejo en pleine face et j'en passe. Le soleil de plomb nous donne soif, nous entrons dans la petite supérette, sur la petite place, pour y acheter une bouteille d'eau ; au comptoir, le commerçant nous offre quelques baies jaunes : des dattes fraiches, ramassées juste devant, au pied du palmier. On croque dans une et ce n'est pas mauvais, sucré mais pas de trop, c'est doux mais ça accroche un peu au palais ; on en reprend. On marche jusqu'à la synagogue El-Ghriba ; on est entrés dans toutes les églises de Rome mais c'est la première fois qu'on entre dans une synagogue, ici ou ailleurs. Comme à l'entrée des temples à Bali, on noue autour de ma taille un morceau de tissus, avec ça : un foulard comme couvre-chef (une kippa pour Antoine) ; une fois dedans, le décor principalement composé de bois peint est impressionnant. On fait vite le tour et en sortant, on aperçoit un certain nombre de voiture de taxi stationnées là : on s'avance et on comprend qu'ils sont tous réservés pour les gens qui visitent présentement la synagogue. Nous n'allons pas loin alors l'un d'eux se dévoue pour faire l'aller retour. On s'installe et d'entrée de jeu le chauffeur nous annonce 6 dinnars pour aller jusqu'à Houmt Souk (à 5 minutes) ; je fais le calcul mais je suis si douée en maths que je n'ai pas le temps de rétorquer quoi que ce soit qu'Antoine répond OK. Notre chauffeur ne se donne même pas la peine de déclencher le compteur ; arrivés à destination il nous réclame la somme annoncée plus tôt (après réflexion, pour des trajets longs de 15 minutes, nous payons le même prix), nous sommes d'honnêtes gens alors je lui tend un billet de 10 dinnars. J'attends 4 dinnars en retour, il me tend ses pièces et file ; j'ai bien 4 pièces en main mais seulement 3 dinars en tout et pour tout. Ce sera notre seule mauvaise expérience ici, rien de très grave quand on considère qu'un euro = trois dinnars mais c'est l'intention qui compte dit-on ?

L'ESSOFRA

Nous mourrons de faim, il est 12h30 alors nous allons directement voir si l'Essofra (un restaurant vivement recommandé par Zouhair et sur TripAdvisor) est déjà ouvert, et c'est bien le cas. Le cadre est vraiment sympa, nous nous sommes installées dans le patio et nous baladons nos yeux un peu partout autour. La cuisine est familiale, l'équipe en salle est très sympathique, de bons conseils aussi ; le menu est concis, tout donne l'eau à la bouche, les odeurs qui émanent des cuisines surtout. Antoine opte pour une brick à l'oeuf en entrée et le poisson du jour pour la suite, et je prends une salade mechouia (un peu épicée mais pas trop me dit le serveur, "si c'est trop pour vous, on reprend et vous choisissez autre chose sur la carte") & un couscous de poisson (cuit à la vapeur, façon djerbienne). La salade est vraiment très épicée mais je fais bonne figure, j'ai de plus en plus chaud mais le couscous arrive à point nommé pour calmer ces ardeurs : un délice mais impossible de finir mon assiette tant elle est généreuse. Au moment de débarasser notre table, on s'inquiète de voir que mon assiette n'est pas complètement vide et on propose à Antoine de le resservir ; comme à la maison.

Nous rentrons en taxi, cette journée est chaude et le vent n'a toujours pas soufflé, pas une fois, alors on envisage sérieusement de se prélasser un moment dans la piscine, histoire d'y trouver un brin de fraicheur.

À 16h30, Khaled nous convie à boire le thé ; on évoque avec lui notre envie de faire une balade à cheval au bord de l'eau, au couché du soleil. Aucun de nous deux n'est jamais vraiment monté en selle, alors Khaled nous parle de monter à dos de dromadaire plutôt, moins risqué, plus posé. Il a justement un ami qui en possède deux beaux dont il prend grand soin. L'idée nous séduit alors on convient d'un rendez-vous : la balade est programmée vendredi à 17h30, le soleil se couche à 18h30. En attendant, on va goûter les tapas que nous n'avons pas encore testé chez Ze Mess ce soir. Antoine se laissera tenter par le fondant au chocolat et moi par la boule de glace à la  vanille, ses cacahuètes pilées et cette cuillère de confiture de lait en dessert. Chaque soir, on observera les étoiles : certaines fileront sans prévenir, l'occasion de faire un voeu ou deux.

JEUDI 14 SEPTEMBRE

Aujourd'hui, nous sommes à l'ouest, tout à l'ouest.

SIDI JMOUR

Zouhair nous a parlé de la mosquée en haut de la falaise (quand on sait que le plus haut point de l'île se situe à 49 mètres d'altitude, on s'entend sur la falaise), de la succession de petites criques plus bas, d'un paysage plus sauvage qu'ailleurs à Djerba (pas d'hôtel dans ce coin là) et de la beauté du coucher de soleil avant tout. Nous nous installons sur le sable chaud, s'il y avait quelqu'un, personne ne pourrait nous y voir ; sauf les pêcheurs au loin. 

L'eau est vraiment belle, on a pied longtemps ; Antoine en profitera pour lire assis en tailleurs dans l'eau (il commence la lecture de L'Île au Trésor de Robert Louis Stevenson - pour faire suite à la série qu'il a tout juste terminé : Black Sails, si jamais vous aimez les histoires de pirates) comme s'il était sur la terre ferme mais bien au frais. Un seul restaurant dans les environs : Le Petit Marin, de petits "cabanons" les pieds dans le sable. Nous y mangeons une salade mechouia (encore une, en bien moins épicée) et sirotons un jus de citron pressé à midi. Cette plage n'est vraiment pas touristique, des locaux sont arrivés, en famille, pour pique-niquer au bord de l'eau. Nous sommes les deux seuls étrangers sur cette plage et je suis la seule femme en bikini ; c'est un peu gênant mais je n'ai pas l'impression de déranger plus que ça, ni d'être jugée par quiconque, j'apprécie. Nous prenons du bon temps, j'ai commencé la lecture du livre Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une de Raphaëlle Giordano, ce genre de livre qu'on garde sur la table de chevet pour en relire quelques pages comme ça (un petit extrait). J'ai lu la dernière page de La Fille du Train hier soir, un petit thriller comme on les aime. Il est 18h00 et le soleil commence son plongeon ; nous choisissons de nous installer dans le cabanon le plus central, au "premier rang" pour assister au spectacle : c'est magique. Quand le soleil a complètement disparu, on passe commande et on goûte au poisson du jour, grillé sur le feu que l'on peut voir d'ici.

Ici le réseau n'est pas terrible, Zouhair nous avait prévenu. Nous avons programmé avec lui un rendez-vous avec Albi au niveau de la mosquée, le seul endroit où le réseau passe à peu près. Nous sommes au point de rendez-vous un peu avant 20h30. Il fait nuit noire, je garde la lampe torche de mon téléphone allumée et je ne sais pas si c'est rassurant parce qu'on peut alors apercevoir les chiens sauvages qui rôdent ici et là. Un peu plus loin sur notre gauche, trois bonhommes sont attablés et boivent le thé ; Antoine ne veut pas les déranger et qu'on aille attendre un peu en contrebas sauf qu'il est 20h30 passées et qu'un peu en contrebas, on ne capte plus rien. On reste là mais j'éteins la lampe torche, je n'ai plus tellement de batterie et pas de nouvelle d'Albi. J'essaie de joindre Zouhair en vain, le réseau n'est vraiment pas stable mais je parviens à joindre Khaled. Zouhair me rappelle, Khaled lui a passé le mot : Albi a eu un soucis, c'est un autre bonhomme qui viendra nous récupérer, d'ici 15 minutes. On est rassurés, on patiente un peu jusqu'à ce qu'un des trois messieurs se lève et vienne vers nous : il nous invite à boire le thé en attendant le taxi. On échange et c'est encore un moment que l'on gardera en mémoire, partagé avec un pêcheur, un commerçant (notre hôte) et un fou (c'est en ces termes qu'ils l'ont qualifié). Un monsieur viendra récupérer quelques blocs de glace avant de partir en mer, de nuit, pêcher du poisson.

Au loin, une voiture s'approche, nous allons pouvoir rentrer. Une, deux, trois poignées de main, chacune bien plus chaleureuse que celle échangée en arrivant. À ce propos, j'ai pu constater - lors de nos interactions avec les djerbiens - que ces messieurs ne s'adressaient à moi que si je prenais l'initiative de m'adresser à eux d'abord, comme une forme de respect envers Antoine j'ai l'impression, même si de premier abord je n'ai pas vu cela sous cet angle ; un peu vexée de ne pas être considérée.

VENDREDI 15 SEPTEMBRE

Aujourd'hui on se la coule douce, rien de prévu jusqu'au rendez-vous avec Ali à 17h30 pour une balade sur les dunes de sables, sur le dos d'un dromadaire. On s'installe au bord de la piscine, on fait une grille de mots mêlés à deux, on profite du soleil en gros puis on ira manger les pieds dans le sable au petit restaurant La Rose, celui dont Zouhair nous a parlé d'entrée de jeu. Le cadre est top, l'eau qui était pleine d'algues le premier jour est à nouveau claire et turquoise, l'équipe est sympathique et la cuisine généreuse (pour information : quand tu choisis de prendre une crêpe au Nutella en dessert, par pure gourmandise, assures-toi d'avoir encore assez de place pour deux).

On rejoint Ali, Kaya, Gepetto & Juliette à 17h30. Dans l'ordre, un vieux monsieur avec le visage rieur et une djelabba sur le dos, maman dromadaire, papa dromadaire et bébé dromadaire. Je monte sur le grand mâle, Antoine sur la femelle et la petite Juliette nous suivra tout du long, sans même être harnachée à quoi que ce soit, mais papa et maman gardent toujours un oeil sur elle. Ali nous racontera aussi leur histoire à chacun : Kaya a 21 ans, Gepetto 9 et Juliette à peine 3 ans ; il les a tous vu naître chez lui. Il nous racontera pas mal de blagues aussi, un sacré personnage. Perchés sur le dos de nos grosses bêtes, nous nous faisons balader dans les dunes de sables quand le ciel commence à rosir. Le soleil se couche quand nous sommes au milieu de nul part, entre terre et mer. Nous rentrons en longeant le bord de l'eau ; la balade aura duré presque 1h30, magique.

SAMEDI 16 SEPTEMBRE
CADEAUX & SOUVENIRS

On a débriefé avec Zouhair avant de partir en mission. Nous cherchons principalement de la vaisselle, des épices (Zouhair ira pour nous chercher quelques épices, les plus utilisées ici, pour moins de 3 dinnars il nous rapporte 5 sachets plein de 5 épices et mélanges d'épices différents) et une paire de babouches pour belle-maman. On a donc la liste des endroits où aller pour trouver notre bonheur, surtout l'adresse d'une boutique - rue Bizerte - qui vend principalement de la vaisselle, où les prix sont fixes, pas plus élevés qu'ailleurs et affichés (c'est rare). Les vendeuses sont très gentilles, tout est très beaux, fait main, à un prix plus que raisonnable. Le magasin est sur 3 étages, au sous-sol on trouve de la vaisselle à l'état brut (pas peinte, rien) mais aussi des sacs en tout genre (cuir véritable) et des babouches ! On trouve tout ce dont on a besoin ici, jusqu'au savon noir. On ira se poser au Café de l'Environnement, boire une citronnade avant de retourner manger (dîner cette fois) à l'Essofra (nous serons les premiers clients pour le service du soir), comme à la maison encore une fois. Je gouterai une soupe aux lentilles (met traditionnel djerbien) dont j'ai oublié le nom et je reprendrai le couscous au poisson, oui oui oui. Comme dans les films, nous hélons un taxi de la main et hop, en voiture Simone. Le monsieur est très gentil, très correct et sympathique (il arrêtera même son compteur quand on lui demandera de faire une halte à l'épicerie, acheter des oeufs). Il nous souhaite de revenir plus longtemps à Djerba, 1 semaine c'est trop peu ; il a raison.

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE

Il y a beaucoup de vent, le soleil s'en trouve bien plus supportable sauf que c'est là le piège et l'occasion de chopper un petit coup de soleil ni vu ni connu.

DAR GAÏA

Zouhair nous invite à venir visiter le menzel (demeure en arabe, type d'exploitation agricole et d'habitation typique de l'île tunisienne de Djerba) qui fait partie du projet tingitingitout comme l'Oxalà House (pour un tourisme local et responsable, vous savez). C'est Albi qui nous y conduit ; on partage la voiture (et la visite) avec deux copines qui louent l'appartement en face du nôtre. Direction Midoun et même si je le voulais, je ne saurais pas retourner jusqu'au menzel tant l'itinéraire est complexe ; la demeure est bien en retrait, au calme. Descendus de la voiture, nous avançons déjà émerveillés par la végétation qui nous entoure (je n'ai pas osé prendre de photos en arrivant et la nuit tombe déjà quand on fera officiellement le tour du menzel, c'est bien dommage). Nous entrons par la grande porte (et ce n'est pas façon de parler) pour arriver dans ce qu'on pourrait voir comme une entrée mais une version bien plus élaborée et composée de 4 petits salons, aux quatre coins de la pièce. Petite leçon d'Histoire. C'est là que l'on reçoit les gens qui sont de passage et qui n'ont pas "besoin" de s'introduire dans la zone de vie de la demeure. C'est dans cette zone que nous entrons, un long couloir pour arriver sur un jardin intérieur incroyable (mais vrai) ; c'est autour de ce jardin que se déclinent les différentes pièces de vie (on appelle cela un houch). Zouhair a eut à coeur de restaurer ce menzel qui tombait en ruines ; avec son oncle, ils ont tenté de restituer ici les différentes architectures typiques djerbiennes mais aussi de les détourner de leur fonction, de leur disposition initiale. Chaque chambre (se dit Dar en arabe, qui veut dire maison) est, en fait, une entité où il est (traditionnellement) possible de vivre indépendamment au sein du houch : elle est composée d'un couchage d'hiver (estrade), d'un couchage d'été en mezzanine (de petites fenêtres pour assurer une climatisation naturelle et le plus souvent un dôme pour isoler la pièce de la chaleur), d'un petit salon central et d'une salle d'eau sous la mezzanine. Cet endroit est prévu pour un couple, avec un ou deux enfants ; la cuisine est toujours commune à tous les membres du houch. À Dar Gaia, elle est un lieu de convivialité et de partage ; ah oui parce que le menzel de Zouhair fait office de maison d'hôtes. Aujourd'hui, le concept du menzel se perd à Djerba, mais Zouhair nous explique qu'un menzel se bâtit au fur et à mesure que la famille s'agrandit : un houch supplémentaire par famille (parents et enfants). Il était possible de voir vivre au sein d'un menzel 3 ou 4 générations par exemple ; comme au sein d'un village. Cette visite se termine dehors, là où il est de coutume de cultiver ses légumes ; on y voit aussi de nombreuses plantes grasses, des aloès, des palmiers dont on a pu gouter les dattes fraiches - entre autres choses - et le puit qui permet d'arroser tout ça. 

Le taxi n'a pas fait 100 mètres que Zouhair m'appelle, il a oublié de me remettre la menthe qu'il avait fait sécher pour moi et le sachet de thé vert, comme promis ; Albi fait machine arrière. Sur le chemin du retour, on s'arrête manger chez Neji & Catherine : le cadre est sympa, il y a un peu trop de vent pour manger sur la terrasse mais nous apprécions le moment, la cuisine aussi. Dernière soirée à la belle étoile.

LUNDI 18 SEPTEMBRE

Dernier petit déjeuner sur la terrasse, au soleil, dernière tête dans la piscine. Les valises sont prêtes, l'appartement est propre et rangé ; nous sommes sur le départ. "Des vacances au soleil mais hors-saison, farniente, sans trop rien faire." disais-je mais nous reviendrons pour explorer l'île comme il se doit et passer une nuit (ou deux) dans le désert (le vrai), nous baigner dans les oasis, visiter une maison troglodyte à Tataouine, marcher sur les traces des Romains à El Kantara et j'en passe. Djerba recèle de trésors insoupçonnés et nous dévoile (merci Zouhair) une facette d'elle que l'on ne s'attendait pas à voir.  

INCH'ALLAH

Le taxi nous attend déjà, et c'est la gorge serrée que nous échangeons une accolade chaleureuse avec Khaled ; Zouhair est en chemin mais nous sommes déjà partis quand il me dit qu'il arrive pour nous dire au revoir. On reviendra, "Inch'Allah" nous répond Khaled et c'est ça à chaque fois qu'on parle au futur, c'est drôle. On a déjà prévu d'y retourner en famille, entre amis aussi. C'est la porte à côté, c'est bon marché, c'est beau (bien au-delà de l'aspect "plage et sable fin") et on s'y sent définitivement comme à la maison.

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