EXPÉRIENCES

adopter un chat (ou deux) et soigner ses allergies

{...} deux bébés chats à charge. 

ENFANT 

J'ai grandi entourée d'animaux : des chats, un chien-loup, des cochons d'Inde (au moins quatre), un lapin (toujours en vie), des hamsters qui se multiplient comme par magie, des rats (domestiques, entendons-nous), des poissons rouges, des oiseaux, une famille de chinchillas aussi et j'en oublie sûrement ; jamais sans une boule de poil à la maison ! Une fois partie de chez papa-maman, avoir mon chez-moi signifiait avoir ma boule de poil (au moins une) - sauf que :
1111
- inconcevable pour moi d'envisager un chien en appartement,
- pas le coeur à avoir un animal en cage non plus,
- le Chéri est allergique aux chats (aux poussières et aux acariens aussi).

ALLERGIES

Il a déjà suivi une cure de désensibilisation, sans résultat probant. Je tiens 1 an avant de relancer le sujet : et pourquoi pas retourner chez l'allergologue ? demander si c'est pas une trop mauvaise idée de prendre un chat, histoire de se désensibiliser en contact direct avec l'allergène, tant qu'à faire. Le médecin n'est pas de mon avis. Alors on cherche à acheter un chat hypoallergénique : la race des sibériens. On se renseigne, on contacte même un éleveur mais, au fond, je ne conçois pas l'idée de dépenser tout cet argent pour l'achat d'un petit animal alors qu'il y en a plein les rues. Tous les chats et chien que j'ai pu avoir à la maison étaient de petits réfugiés : Féline et Orca trouvées dans le moteur d'un camion à l'usine de papa, Mickey trouvé sur le parking de la résidence d'en face, la petite dernière - Duchesse - avait été adoptée sur le salon de la Fondation Assistance aux Animaux à Porte de Versailles (tous les ans, au moment des fêtes de fin d'année), ou encore Luna - de la portée de la chienne d'un copain du voisin à qui on cherche vite une famille avant de "ne pas savoir quoi en faire". J'étais plutôt dans l'optique d'adopter, à mon tour. Notez que le Chéri, en plus d'être allergique, était plus chien que chat. Alors, on en discute longuement, parce que c'est pas rien ! et, on décide de faire un test.

ADOPTION

La maman de ma meilleure amie est présidente d'une association qui sauve, recueille, soigne puis propose de nombreux chats (et quelques chiens) à l'adoption > Phoenix *; alors on lui évoque la problématique. Il semblerait que les mâles soient plus allergènes que les femelles mais qu'une fois castrés ils produisent bien moins de cette hormone qui cause les allergies, et Cathy est d'avis à ce que l'on adopte plutôt un chat aux poils courts. Quelques semaines plus tard, on se donne rendez-vous, on en parle de vive voix et on craque ! Cathy (présidente de l'assoc') a déjà dans un coin de sa tête l'idée que ce petit chaton tigré pourrait nous plaire et pourrait se plaire avec nous (son petit coup de coeur). Elle l'a dans les bras quand on arrive, il a une bouille d'enfer, on ne sait pas encore que c'est lui. On observe comme des enfants, on caresse, on joue avec les chats qui sont là ; on se pose, on les laisse venir et voilà que le fameux petit tigré s'approche, saute sur les épaules du Chéri et fini par s'endormir sur ses genoux en ronronnant doucement. Monsieur ne comprend pas encore le langage chat mais il aime bien ça. On réfléchit et on repart avec le petit Gino - que l'on rebaptisera Achille. Il est évident que si les allergies du Chéri ne s'atténuaient pas avec le temps, du moins si elles persistaient ou s'aggravaient, on devrait rapporter le petit chat (ce serait évidemment compliqué - émotionnellement j'entends). On arrive à l'appart' tard le soir, on laisse le petit nouveau visiter et on file au lit (grossière erreur).

PREMIERS JOURS 

La nuit a été longue, le petit Achille n'a pas aimé (ils nous semblent) qu'on le laisse seul, dans cet endroit tout nouveau et dans le noir, aussi précipitamment. Il n'a pas cessé de miauler, j'ai fini la nuit sur le canapé à le bercer jusqu'au petit jour ; un vrai bébé. Ça a duré comme ça (au moins) 3 nuits complètes ; j'ai commencé à boire du café, c'est pour vous dire ! Ensuite, il s'est calmé (nous avons dû faire intervenir Eliza Delajungle mais ça c'est une autre histoire). Aujourd'hui, il est toujours très bavard mais il nous laisse dormir, de temps en temps (aha).

UN AN APRÈS

Le Chéri ne présente quasiment plus aucun signe d'allergies (c'est l'amour qui l'immunise qu'il dit) et Achille s'ennuie tout seul (oui, oui) alors, on rappelle Cathy. On veut adopter une minette, déjà que j'avais pris un mâle alors qu'il en était hors de question de base. Cette fois, on profite d'une journée d'adoption que Cathy (avec les membres de l'association) organise de temps en temps en partenariat avec les enseignes telles que Jardiland ou Truffaut. On se rend donc en magasin et on craque sur un beau chat noir, à poils longs et aux pattes d'ours (un mâle, tant pis/tant mieux) ; sur une petite femelle écaille de tortue aussi. On viendra les observer dans leur milieu naturel quelques jours plus tard (chez Cathy *aha* - parce que les journées d'adoption c'est quand même du stress pour les chats et qu'ils ne sont pas forcément aussi à l'aise en cage qu'en liberté), et on repartira avec le beau mâle (curieux et câlin comme on aime).

COHABITATION

Luigi - rebaptisé Abel - semble plutôt à l'aise avec nous ; moins avec Achille qui est très (trop) curieux. Il provoque quelque peu son nouveau colocataire, il veut certainement jouer mais petit Abel n'est pas dans le bon mood : ça se finit en cris, coups de griffes et touffes de poils dans les airs (comme des boules de foin dans les western). Abel reste dans son coin et présente quelques troubles du comportement qui traduisent (très certainement) un stress grandissant. On en parle à Cathy et, après mûre réflexion et puisque la situation ne s'améliore pas (même après avoir imbibé l'appartement de Feliway), on décide de ramener Abel auprès d'elle ; ça a été très compliqué - on s'attache vite à ces petites bêtes - mais c'était mieux pour lui, pour nous, pour tout le monde en fait (Cathy l'a finalement gardé pour elle, ce gros nounours).

ON REPREND

On se demande si ce ne serait pas mieux d'adopter un chaton (tout juste sevré) ? Achille avait 5 mois quand on l'a adopté. Cathy nous explique que si Achille agissait de la même manière avec le chaton qu'il a pu agir avec Abel, il risquerait de le blesser ; donc mauvaise idée. Quand on vient pour rendre Abel à Cathy, un autre petit chat noir (le poil court et de beaux yeux vert) nous grimpe littéralement dessus (mon jean s'en souvient) et se pose en écharpe autour de mon cou ; il saute un peu partout, sur le dos du Chéri aussi. En y repensant, il était là, sur le salon, quand on a craqué pour Luigi/Abel, dans la cage d'en face (attention, ce sont de grandes cages dans lesquelles les chats sont placés uniquement pour les journées d'adoption en magasin, je préfère préciser). On s'en souvient bien : il était complètement dingue, à passer ses pattes à travers la grille pour attraper les pulls, les manteaux, les écharpes des gens autour ; il mettait tout sens dessus dessous dans la cage et retournait son panier pour se mettre dessous et attaquer ni-vu ni-connu. On l'avait trouvé drôle mais un peu trop excité à notre goût (on voyait déjà l'appartement entièrement saccagé). Cathy nous donne son ressenti : elle pense que ça pourrait coller avec Achille, le petit Loupiot (rebaptisé Basile) serait du genre très sociable et pas compliqué. On rentre la cage vide mais on se pose mille questions. On reviendra la semaine suivante et on repartira avec Basile, on décide de faire confiance à Cathy.

PATIENCE

Basile a presque 6 mois, il fait vite le tour de l'appartement et n'a pas l'air d'être trop désorienté ; il est tout excité. Par contre, Achille fait du boudin : il ne dort plus avec nous, il refuse nos caresses et reprend ses chants lyriques au moment d'aller dormir (vive les boules Quiès). La première semaine est compliquée, pour nous surtout : Achille boude et s'isole, du coup (pour tout vous dire) j'ai un peu de mal à aller vers le petit nouveau ; je n'ai pas (non plus) envie de trop m'attacher, au cas où ça ne collerait pas (cette fois encore).

CETTE FOIS, C'EST LA BONNE

À la fin de la semaine, Basile se calme et devient tout doux d'un coup : il vient se poser sur nos genoux, se mettre sur nos épaules (en écharpe), nous faire des câlins, des bisous - je fond. Les deux pilous (parce qu'ils sont doux comme du pilou) apprennent à vivre ensemble au fil des jours : ils dorment tous les deux, ils font la bagarre aussi mais cette fois ce n'est qu'un jeu (c'est complètement différent de ce que c'était avec Luigi/Abel). Achille revient petit à petit vers nous, il arrête de faire du boudin (même s'il reste un peu jaloux).

bilan

Achille et Basile ont deux personnalités complètement différentes, c'est bien pour cette raison (selon moi) que ça fonctionne entre eux. Le Chéri se demande aujourd'hui comment il a pu dire un jour que les chats c'était pas son truc (il était plutôt chien, je vous disais). Quant à moi, je ne suis pas peu fière d'avoir saisi, avec Lui, l'occasion de donner une seconde chance à ces deux chatons qui ont connu des débuts difficiles. Je suis aussi ravie à l'idée d'avoir eu raison et le médecin tort quant aux pronostics (je ne dis pas ici que c'est valable pour tout le monde, mais j'ai au moins trois cas - dans mon entourage - qui confirment la théorie : l'amour guérirait tous les maux).

NB : Je pense vraiment que ce sont eux qui nous ont choisi, moi qui disait "une femelle à tous prix" ou alors "un chat roux coûte que coûte", je suis bien loin du compte et je n'en suis pas moins comblée.

* Conditions d'adoption

4

Leave a Comment

Comments (5)

  1. Coucou les zamoureux!
    Un très grand merci pour ce charmant témoignage qui, une fois encore, tord le cou aux idées reçues!
    Il faut également savoir que l’on n’est pas forcément allergique à TOUS les chats!
    En réalité c’est une réaction à une enzyme présente dans la salive du chat qui la dépose sur son pelage en faisant sa toilette.
    Certains chats possèdent un taux d’enzymes plus élevé donc sont plus allergènes que d’autres.
    Il semble que la stérilisation réduise quelque peu le problème et il existe des solutions simples pour tenter de limiter le contact avec cette enzyme comme passer quotidiennement un gant humide sur le pelage du chat, nettoyer de temps à autre les textiles d’ameublement à la vapeur (comme pour les allergies aux acariens) et si nécessaire éviter de dormir avec son animal…snifff!
    Quoi qu’il en soit lorsque le doute existe quant à la sensibilité d’un des membres de la famille, soyez raisonnables…adoptez en association afin de vous ménager une porte de sortie si nécessaire.
    Au moins vous « n’abandonnerez » pas votre petit compagnon…il reviendra juste là où il vivait avant de vous connaître.
    Encore merci Angélique et Antoine pour votre confiance et surtout pour avoir fait le bonheur de 2 de mes petits protégés!!!
    Soyez heureux!