EXPÉRIENCES

démissionner le jour de son anniversaire

POST-BAC

Sur les bancs de l’école Estienne, je me demande bien ce que je fais ici (en BTS Édition) : des calculs, des mathématiques, des schémas… mais j’ai persévéré parce qu’il y avait aussi, et heureusement, de la retouche photo, du design graphique, de l’art plastique.

CDD, c’en est ASSEZ

Sortie de l’école – le BTS en poche, j’ai enchaîné les contrats à durée déterminée. Jusqu’au jour où j’ai migré : je suis passée chef de fabrication (en CDI) dans un petit groupe de presse qui rachetait les titres vendus par Lagardère, où j’étais assistante en CDD. Vocabulaire : un chef de fabrication est une sorte de chef d’orchestre (dixit monsieur Momo, professeur à l’école Estienne). Il doit savoir jongler avec les informations qu’il tient des équipes de rédaction et des équipes de production (papetier, imprimeur, brocheur) en suivant un planning de livraisons établi afin de d’assurer le bon suivi de fabrication d’un magazine (ça marche aussi pour les livres). Pas du domaine de l’art graphique, donc.

EN CDI, OUI MAIS

Je me suis retrouvée en binôme avec BAM (monsieur le directeur de la fabrication) : sosie du célèbre Hugh Laurie, avec des bouclettes sur la tête, un t-shirt underground sur le dos et une paire de Converses aux pieds. Deux pour assurer la fabrication de presque 20 titres, c’était folklo mais qu’est-ce qu’on a rit. J’ai beaucoup appris (à gérer mon stress inné entre autre) mais, après 1 an et demi, j’avais fait le tour et j’avais envie de remonter d’un cran la chaîne graphique.

J’avais, autrefois, travaillé au studio PAO (publication assistée par ordinateur) au Figaro – pendant 3 mois – et j’avais adoré ça.

PATATRA – le coup de pied au cul

J’ai reçu un coup de téléphone, la semaine avant celle de mon anniversaire. Au bout du fil, on me demande si ça me dirait d’intégrer le studio d’une agence créative spécialisée dans le domaine du luxe (parfumerie et cosmétique) ; on voulait me débaucher. J’étais dans tous mes états : surprise, déboussolée, flattée, chamboulée, ravie mais pétrifiée. J’étais restée en contact avec S. – mon chef de studio au Figaro, désormais chez Dior et – client de cette agence qui me proposait un poste ; il leur avait parlé de moi. De l’importance de toujours donner le meilleur de soi aurait dit monsieur Momo. 

LA BOULE AU VENTRE

J’ai passé l’entretien, j’avais ma place dans l’équipe ; la balle était dans mon camp et je n’avais encore rien dit à BAM. Mon choix n’a pas été facile-facile, d’un côté j’avais : une équipe de folie, une ambiance de samedi soir (meilleur open space du monde entier), des responsabilités aussi ; et de l’autre : l’opportunité d’apprendre de nouvelles choses, de me perfectionner, d’élargir mon champs des possibles. La boule au ventre, les mains moites, la gorge serrée ; j’étais dans un état !

J’avais craché le morceau *ouf* ; BAM – en vrai papa poule – me dit que c’est une bonne idée, j’allais quand même pas rester ici toute ma vie, que j’étais jeune, il fallait bouger, apprendre, risquer de me prendre des murs aussi, de temps en temps, pour savoir où je vais, ce que je veux vraiment. Il me dit aussi, qu’à ma tête en arrivant le matin, c’était soit ça soit j’annonçais que j’étais en cloque *aha*.

« JE ME casse à dallas »

J’ai posé ma démission le 4 février (le jour de mon anniversaire, il y a un an), comme une grande. Je n’avais pas imaginé combien ce serait compliqué de quitter cet endroit où je me sentais vraiment bien (au bureau comme à la maison, on disait). On sait toujours ce que l’on perd, jamais ce que l’on gagne. C’est un peu fou de mettre fin à un CDI aussi, non ? et si ça se passait mal dans la nouvelle équipe ? et si je ne validais ma période d’essai ? et si ça ne me plaisait pas ? j’avais le cerveau en ébullition et l’estomac noué mais j’avais hâte d’y être : j’ai toujours adoré la rentrée scolaire (surtout pour les nouvelles fournitures en vrai).

un mal pour un bien

Bientôt un an que je suis en poste maintenant. J’apprends chaque jour de nouvelles choses, encore aujourd’hui. Je suis graphiste : en charge de l’adaptation des visuels de grandes marques sur divers supports : une page dans un magazine, une affiche dans le métro, dans la rue, une bannière sur le web parfois. Je suis aussi chromiste : en charge du rendu des couleurs quel que soit le support et le mode d’impression (du papier journal au papier photo, en gros).  J’ai trouvé ma place au sein de l’équipe,  je me suis fait de vraies copines. J’ai appris à travailler dans une atmosphère différente, mais agréable et bon enfant.

J’avais besoin d’être bousculée pour avancer, j’imagine que tout le monde a besoin d’être bousculé – d’une manière ou d’une autre et certaines personnes plus que d’autres – pour oser, pour se lancer. Si je n’avais pas reçu cet appel, je serais certainement restée encore un moment dans mon cocon, dans mon confort certes, mais à tourner en rond surtout.
Parfois, les choses sont bien faites. 

Un an après, on réunit régulièrement le « meilleur open space du monde » autour d’un brunch
(on part bientôt un week-end à Prague aussi, tiens !) et BAM est toujours de bon conseil
(pour mon premier achat immobilier en ce moment par exemple).

2

Leave a Comment

Comments (5)

  1. J’aurais aimé faire ce métier – surtout le graphisme –
    Ta carrière prof s’annonce bien…
    Il faut y aller comme tu as fais, c’est bien et surtout que tu es sûr de toi tout en restant sur ta réserve, tu vas y arriver ! et tu as un boulot génial

  2. bein pour nous qui te connaissons c’est tout toi ça la touche a tout de la famille 😉
    allez des byzoux c’est super <3