LES BONNES CHOSES

(pas encore) végétarienne depuis 1 an et demi

Je ne mange plus de viande et je le vis bien.

J’ai toujours été sensible à la cause animale sans pour autant faire le lien direct entre la pièce de boeuf dans mon assiette et la vache dans le pré. D’instinct, je n’ai pourtant jamais conçu l’idée de (et ça me gène d’utiliser ce terme aujourd’hui) manger du veau ou de l’agneau, ni du lapin et au grand jamais du cheval. En gros, je ne poussais pas la réflexion plus loin et je refusais de voir les images choc que pouvaient diffuser PETA ou la L214 sur la toile, jusqu’au mois d’octobre 2015.

EN PLEINE FACE

De bon matin, sur BFMTV, on me balance devant les yeux les extraits des vidéos tournées au sein de l’abattoir d’Alès (je ne mettrai pas de lien, je vous laisse demander à Google de vous montrer si vous vous sentez le coeur d’aller voir). J’ai vu ce que je refusais de voir jusque-là et j’en étais toute retournée. En vrai, je ne me suis pas dit, sur le moment, que je ne mangerai plus jamais de viande, je n’ai rien décidé ; c’est en allant chez Monoprix le soir, rayon boucherie, que je me suis rendue compte de l’impact que ces images avaient eu sur moi. Je ne voyais plus une pièce de boeuf mais un morceau de chaire, une bête mal traitée, mal tuée ; j’avais eu le déclic. Je refusais de collaborer au massacre et à la sur-consommation de viande qui poussait (probablement) les éleveurs et les producteurs à ne plus considérer la bête comme un être vivant mais comme un numéro ou pire, un billet de banque. Peu importe comment elle est tuée, peu importe si elle souffre tant que ça va vite et que c’est rentable ; je ne parle même pas ici des veaux avortés jetés dans la benne à ordures et autres histoires d’horreur qui me révoltent tant. J’avais donc arrêté de consommer, avec cette idée en tête que si la bête était respectée et qu’elle était bien traitée jusqu’au bout, je pourrais concevoir l’idée de recommencer. Mais ça, c’était avant. 

ÉTHIQUE

Aujourd’hui, je n’envisage plus une seconde de consommer de viande. Pour reprendre les mots de Laëtitia (du blog Eleusis Megara) : « La différence entre l’animal que nous chérissons et celui que nous mangeons tient en une seule chose : nous donnons un prénom au premier. {…} Pourtant (au fond, on en a tous l’intuition) une vache a autant d’émotions et d’intérêt à vivre qu’un chat ou un chien. » J’en suis là. On peut venir me dire que le cochon qu’on a égorgé ce matin a vécu dans de bonnes conditions et qu’il est mort sans rien sentir (qui peut savoir), le problème n’est plus là ; il réside désormais (pour moi) dans le fait qu’il ait été exploité et tué. On me dira que c’est la nature, on me parlera de chaîne alimentaire, et j’entends, mais je ne suis plus de cet avis depuis que j’ai constaté que la nature offrait de quoi se passer de cela.* NB : on a beau me dire que c’est la nature, que le lion chasse la biche, l’Homme n’a pas besoin d’aller plumer l’autruche, zigouiller le kangourou ou mutiler le requin (pour ne citer que ça). 

*Quelques exemples concrets
TENEUR EN PROTÉINES POUR 100g
boeuf cuit 25glentilles 24g
volaille 17-22gquinoa 13g
thon frais 27g amandes 20g
crustacés 17-20g | semoule cuite 20g
fromage 15-30g | tofu 15g
lait 3,5g | 1 oeuf 8g
yaourt 5g | flocons d’avoine 15g

à savoir : il est généralement conseillé d’absorber +/- 0,8g de protéines par jour par kilo de poids, soit 48g pour une personne de 60kg (c’est logique, dans le cadre d’une activité sportive régulière, l’apport en protéines par jour et par kilo de poids augmente).

RÉACTIONS

Il faut le savoir, quand on arrête de manger de la viande, les gens réagissent systématiquement :

  • il y a les bienveillants (et les a priori) : fais gaffe, les carences tout ça
    les carences sont rares quand on mange à peu près équilibré ; à côté de cela je tâche, quand même, de combler mes apports en fer et en protéines en consommant davantage de légumineuses, des céréales aussi, et en suivant régulièrement des cures de compléments alimentaires (à base de spiruline par exemple).

Au sujet des carences :
LES VEGANS SONT CARENCÉS EN PROTÉINES ! | #BEVGIE | COLINE
LES 15 ALIMENTS LES PLUS RICHES EN PROTÉINES VÉGÉTALES
12 ALIMENTS CONTENANT PLUS DE FER QUE DANS LA VIANDE ROUGE

  • les condescendants : mais, tu vas manger quoi ce soir ? au menu > poulet rôti
    en fonction du contexte je vais manger les pommes de terre qui sont servies avec, je vais me faire un truc à côté, on peut faire du poisson** sinon ? une omelette ? des lentilles en vinaigrette ?  du tofu en brochette ?  (pirouettes cacahuètes)
  • les préjugés : c’est pour faire comme tout le monde, c’est ça ?  prétendu phénomène de mode
    alors non je ne suis pas un mouton, et si tout le monde ouvre les yeux c’est un fait, pas un phénomène de mode – ce n’est en tout cas pas ce qui me motive personnellement. J’ai mes convictions et j’écoute ma raison, je me renseigne et j’apprends tous les jours toujours plus de choses qui me confortent dans mes choix de vie.
  • et les dédaigneux : tu crois que tu vas changer les choses ?
    non, je n’ai pas cette prétention, mais je me sens mieux dans mes pompes.

**Oui, je continue de consommer du poisson ; je n’ai pas d’explication qui tienne la route (un peu comme quand j’avais de la peine pour le veau mais que je mangeais la vache). Je n’ai pas encore eu le déclic peut-être, peut-être parce que je n’ai pas vu les images qui me feraient changer d’avis (je les évites elles aussi) ; peut-être parce que (je ne dis pas que c’est bien, je dis même que c’est idiot), dans la vie de tous les jours, j’ai plus de peine pour un chien que l’on euthanasie que pour un poisson rouge malade que l’on (re)jette à la Seine.

BILAN

1 an et demi après, je me sens mieux dans ma peau et dans ma tête. Je me sens plus droite dans mes baskets, plus en accord avec les principes que j’avais déjà en fait. En prime, je n’ai plus tous ces maux de ventre qui me pliaient en deux parfois, je ne suis pas médecin ni nutritionniste mais j’en déduis que la viande y était potentiellement pour quelque chose.

Dernièrement, j’ai visionné pas mal des vidéos Bienvenue en Véganie – celle au sujet des oeufs par exemple, à propos du lait de vache aussi – de Coline du blog et pourquoi pas Coline, et ça fait réfléchir : affaire à suivre.

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Comments (10)

  1. Bonjour Angélique 🙂
    Je suis trop contente de lire cet article dans lequel je me reconnais. J’ai grandi à la campagne où la viande peut être à tous les repas, avec des oncles chasseurs qui paradoxalement peuvent se plier en quatre pour sauver un animal blessé hors des périodes de chasse… bref, j’ai toujours aimé les animaux et été entourée d’eux. Je n’ai jamais regardé de vidéos sur la souffrance animale, car je ne le supporterais pas, mais j’ai (quasiment) arrêté de manger de la viande depuis 1 an et demi, surtout pour des raisons écologiques (et au départ économique). Je continue de manger du poisson aussi, déjà parce que j’aime vraiment ça, mais peut-être aussi parce que ma mère a en partie grandi au bord de la mer et qu’elle en cuisine souvent.
    En tout cas merci beaucoup pour cet article, j’aime beaucoup le petit tableau comparatif des teneurs en protéines, ainsi que les réponses aux remarques que l’on peut parfois subir.
    Belle journée 🙂
    Camille

    1. Bonjour Cam’ et merci 🙂
      Je suis contente de voir que cet article (qui me tient particulièrement à coeur) ait un écho chez d’autres, chez toi en l’occurence 😌 ; ça me touche beaucoup. Passe une bonne journée, une bonne semaine même et à bientôt j’espère 😉

  2. J’ai eu exactement le même déclic il y a 1 an, c’était décidé je ne voulais plus manger de viande, même si j’ai toujours aussi été très sensible à la cause animale depuis toute petite, j’étais beaucoup trop « hypnotisée » par les publicités où l’on ne fait pas le rapport de l’animal à l’assiette, tout le monde en manger alors c’était « normal ». Mais quand j’ai vu un reportage, que j’ai écouté la youtubeuse Georgia Secrets, j’ai vite fait le rapprochement.. alors j’ai arrêté radicalement sauf que c’était trop radicale je suis replongée 2 semaines après, j’ai bien vu que ce n’était pas possible pour moi d’y aller radicalement alors j’y suis allée progressivement en enlevant petit à petit les viandes (sachant que je ne mangeais que de la volaille, du porc et un peu de boeuf mais haché). Et me voilà végétarienne depuis maintenant février 2017. Personnellement, je ne mange pas de poisson non plus mais je n’en mangeais déjà pas avant par question de goût. J’ai fais un article sur mon bilan de végétarisme de 2 mois ! 🙂

    J’ai beaucoup aimé lire ton histoire.
    Bisous, Lisa

    1. J’ai lu ton article quand tu l’as mis en ligne 😌 Parfois c’est pas le bon moment, pas le bon timing, pas le bon contexte (j’ai une ou deux fois tenté d’arrêter de consommer de la viande quand j’étais encore chez mes parents, c’était voué à l’échec) … Merci Lisa, bises 🙂

  3. Félicitation pour ton 1 an et demi de végétarisme 🙂
    Je l’ai été durant 4 ans en étant au collège et au lycée … Mais par contre, je mangeais très mal ce qui m’a valu beaucoup de carence en fer malheureusement.

    Aujourd’hui je réduis ma consommation de viandes et de poissons mais j’aimerais redevenir plus sérieusement végétarienne mais mon copain n’est pas vraiment pour … Alors on essaie de trouver un compromis ! ^^’

    En tout cas, j’aime beaucoup ton petit tableau comparatif : boeuf cuit 25g | lentilles 24g et tout ton article 🙂

    1. Merci Vic 🙂
      La vie à deux est faite de compromis évidemment. J’ai été seule (presque) végétarienne pendant 1 an, on trouvait le moyen de cuisiner quelque chose dont je pouvais exclure la viande ; c’est des efforts de la part des deux partis mais ça fonctionnait. Depuis bientôt 6 mois, monsieur a décidé d’arrêter de consommer de la viande lui aussi, c’est plus simple désormais, y’a pas à dire 😉

      Merci encore ! À bientôt 😉

  4. Hello ma belle,

    Article très intéressant!
    N’hésite pas à regarder le documentaire Cowspiracy quand tu as un moment… Il parle de l’impact et des conséquences de la production extensive de bétail sur l’environnement et notament le déboisement des forêts. Un aspect dont on parle moins, mais qui peut aussi faire ouvrir les yeux sur la sur-consommation de viande dans notre société 🙂

    xxx

  5. Coucou Angelique ! Tout d’abord, je découvre ton blog, dont je suis absolument fan ! Il est très beau et les sujets que tu abordes sont super intéressants. 🙂
    Ensuite, merci pour cet article ! J’ai eu exactement le même déclic. J’ai vu un jour un documentaire qui m’a un peu traumatisée et depuis je fais très attention à la viande que j’achète.. quand j’en achète. Ce sont ces fameuses carences qui font que j’ai peur de passer complètement le pas mais ton article m’aide à aller un peu plus loin dans la démarche. Merci pour toutes les petites infos utiles 🙂

    Aurélie

    1. Salut Aurélie !
      Ça me touche vraiment, merci beaucoup ☺️ Je suis ravie quand on me laisse entendre que je ne « brasse pas du vent » ; ravie de permettre à des personnes de se reconnaître dans mes récits et, mieux, d’y piocher des informations, des aspirations 😇 Je te remercie pour ce petit mot qui me mets du baume au cœur 😘 à bientôt 😌