le confinement, le bilan de chaque instant

LES BONS MOTS

le confinement, le bilan de chaque instant


mardi 17 mars 2020 – lundi 11 mai 2020

Confinement, nom masculin : action de confiner. 
Confiner, verbe transitif indirect : être très proche de quelque chose | synonymes : approcher de, côtoyer, friser, toucher à. 

Outre les aspects et enjeux économiques, politiques et / ou sociaux, le confinement part du principe même de penser aux autres, d’altruisme en fait et de faire au mieux afin d’éviter le pire : ici, la maladie #COVID19. Alors, je ne vais pas évoquer là la maladie mais plutôt le contexte dans lequel nous place cette pandémie et ce qu’elle révèle chez moi, peut-être chez vous aussi. 

UN MAL POUR UN BIEN, LE VERRE À MOITIÉ PLEIN

D’abord, j’ai la chance d’être en bonne santé et c’est ce qui me permet de profiter de cette situation comme je le fais, j’en ai bien conscience. J’ai la chance de n’avoir personne dans mon entourage proche et moins proche qui soit tombé gravement malade non plus. En fait, voilà ce que ce contexte permet : de réaliser la chance qu’on a, de positiver, de voir le bon côté des choses, de dire merci à la fenêtre tous les soirs à 20h. C’est ce que le contexte permet, mais tout le monde n’est pas apte à voir le verre à moitié plein ; c’est plus facile – et presque spontané – de plutôt le voir à moitié vide étant donné les circonstances c’est vrai. Mais c’est là qu’il faut intervenir et faire le choix (parce que la difficulté est là) de voir la vie – et les choses – comme il est bon (bénéfique, j’entends) pour chacun de les voir.

C’EST L’INTENTION QUI COMPTE

Une expérience scientifique (ou pas d’ailleurs) atteste que la simple démarche du sourire / le fait d’essayer de remonter les coins de nos lèvres vers les oreilles et de montrer ses jolies dents, provoque au sein du système nerveux la libération de l’hormone du bonheur ; de ce fait : c’est bien l’attitude / l’intention qui fait tout le travail ! Ce confinement, c’est peut-être ce qu’on appelle un mal pour un bien ? pour certains du moins et sur ce point : parce que le train de vie que l’on mène ne nous permet pas forcément de considérer tout ça et toute la chance qu’on a au quotidien finalement (?!)

RELATIVISE, FERME LES YEUX ET IMAGINE-TOI

Si ce confinement est d’abord un acte citoyen et qu’il nous permet de sauver des vies les doigts dans le nez (avec des gants), c’est aussi l’occasion de profiter de toute la bienveillance qui s’en émane et de s’en accorder une bonne dose. Cette pause “confinement” permet à tout un chacun de prendre le temps d’y réfléchir et d’apprécier les choses simples, comme la pause “voyage” nous l’a permis en vérité ! Un voyage (sans décalage horaire ni trajet de nuit cette fois) au cours duquel tu peux prendre le temps d’accorder de l’importance aux choses qui le méritent (selon toi).  De ce fait, il y a forcément une prise de conscience qui s’opère : tu relativises parce que tu as le temps d’y réfléchir aussi, surtout. Tu relativises (sur) ta manière de prendre les choses trop à coeur par exemple, (sur) le fait de bien trier tes déchets, (sur) l’amitié, (sur) ta façon de (sur-)consommer, (sur) ton alimentation, (sur) ta situation (professionnelle et/ou personnelle), (sur) l’amour, (sur) tout un tas de sujets auxquels on n’accorde que trop peu de crédit en temps normal. 

PRENDS SOIN DE TOI

Le parallèle avec le voyage est évident pour nous, parce qu’à l’autre bout du monde, on était finalement parti s’isoler du reste. Il est alors – naturellement – question de faire un focus sur soi comme il n’est pas aisé de le faire autrement ; et ce confinement nous en donne l’occasion ou jamais. Parce que s’il est parfois – souvent en dehors de ce contexte hein – question de penser à faire plaisir aux autres, à faire comme ça bien comme il faut, à respecter les horaires, les rendez-vous, s’il est bien trop souvent question de penser à rien d’important concrètement mais d’y penser et d’occulter, de ce fait, tout ce qu’il y aurait à penser et à méditer pour de vrai, il est aujourd’hui – depuis le 17 mars et jusqu’au 11 mai au moins – question de ne penser qu’à soi sans même culpabiliser, puisqu’on n’a finalement pas le choix de pouvoir penser à ce qui se passe ailleurs que chez soi, en soi(t). Dans cet acte de bienveillance et d’altruisme, le confinement implique (par définition) de se confiner, de côtoyer le vrai et de toucher à l’essentiel. 

DONNE-MOI LE TEMPS

Comme au cours du voyage que nous avons fait en Asie, j’ai perdu la notion du temps : il était long tout en passant à une de ces vitesses ! Il n’était plus question de lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi ou dimanche mais d’aujourd’hui, de ce qu’on a fait hier et de ce qu’on fera demain ; un peu comme en ce moment. Et parce que la notion du temps change, et parce que ça nous laisse le temps de se retrouver, de relativiser, de se recentrer, on apprend et on acquiert – j’ai l’impression – en peu de temps ce qu’il nous aurait été permis d’apprendre et d’acquérir en bien plus longtemps, dans un monde où il nous faut prendre le temps, se l’approprier presque et où c’est un effort constant. 

NOUVEAU LOOK POUR UNE NOUVELLE VIE

Et si cet article parle de confinement alors que c’est bientôt la fin, c’est aussi le début d’autre chose, d’une nouvelle manière de circuler, de travailler, de communiquer, de se saluer, etc. mais surtout le début d’une toute nouvelle façon d’appréhender les choses. Je ne veux pas élever un débat que je ne veux / pourrais pas mener mais voilà ce que j’en dis :
– je pense que si la tendance made in France commençait à être en vogue, elle va exploser après ça et c’est tant mieux ;
– je pense que tous les patrons qui craignaient d’accorder à leurs employés un créneau en télé-travail seront plus confiants désormais, ce qui offrira dès lors à leurs collaborateurs un meilleur cadre de vie ;
– je pense que le rhume, la grippe et la gastro feront bien moins de dégâts chaque année et que tous les gens – comme moi – qui cherchaient des excuses pour ne pas faire la bise à qui que ce soit en ont trouvé une belle #COVID19 ;
– je pense que le naturel revient au galop et qu’il est de plus en plus cool de fabriquer ses savons et sa lessive maison ;
– je pense que l’on a pu donner à la pratique sportive la place qui lui revient pour tout le bien qu’elle fait à notre corps et à notre esprit (même si j’ai testé le yoga et que ce n’est pas vraiment ma tasse de thé – Tibo InShape davantage) ;
– je pense que le temps est bon ;
– je pense qu’une petite semaine de confinement tous les ans pour laisser de l’air à la Planète ne serait pas du luxe ;
– je pense que la prise de conscience au sujet de l’environnement se fait de mieux en mieux et les données qui ressortent de cet épisode sont super encourageantes (30% de gaz à effet de serre en moins en France, un nombre record de tortues sur les plage de Thaïlande, des poissons, des dauphins, des baleines à Marseille, des oiseaux dans les jardin, le trou dans la couche d’ozone qui se résorbe bien comme il faut, etc. | informations diffusées sur le super compte @lesbellesnouvelles, chaque jour une bien belle nouvelle) ;
– je pense aussi et surtout que si tout le monde n’a pas la possibilité (tout est relatif) ou le cran de tout quitter pour aller voir ailleurs qui y est, le confinement permet une prise de conscience et un élan de bienveillance envers le monde et envers soi-même qui n’aurait pas forcément été possible autrement et pour autant de gens en même temps ! 

Il n’a jamais été autant question de prendre soin de soi alors prenez soin de vous et dites-moi en commentaire les trois choses qui ont changé chez vous / pour vous.

 

 

deux mois en Thaïlande

JOURNAL DE BORD

deux mois en Thaïlande


mardi 22 janvier 2019 : nouveau départ

Un nouveau départ consiste à débarquer le 23 janvier à Krabi, changement de vie. Depuis Paris, ne réserver que les quatre premières nuits du périple à venir / avenir. Ao Luek Paradise, village nature. Ça implique des voisins Belges, Écossais, Norvégiens, Bulgares, Indiens, Chinois et Espagnols. C’est installer Polarsteps. Tout autour de nous : des montagnes de forêts qui grattent presque le ciel. Dans les rues : de la mangue, de la noix de coco, des épis de maïs, de superbes lady boys aussi, des (meutes de) chiens errants et des chats la queue en moins. C’est arrêter de regarder ses pieds pour regarder tout le reste. C’est partir à l’aventure, se jeter à l’eau en pleine nuit et virevolter au milieu du plancton qui clignotte. C’est se sentir vivant sur une dune de sable au milieu de l’océan. C’est manger de la soupe par 35°C et goûter à l’alcool de riz, particulier. C’est aussi s’essayer au shampoing solide, et l’adopter. C’est oublier son téléphone à bord du minibus, demander de l’aide, langage des signes ; c’est récupérer son téléphone sans encombre. C’est apprendre à faire confiance aux gens, arrêter de se méfier de tout et de tout le monde. C’est souffler, respirer, expirer et s’inspirer.


les montagnes de forêt qui grattent presque le ciel | Krabi en Thaïlande

Sur l’île de Koh Lanta, pas de Denis Brogniart ni d’épreuve de confort ou d’immunité mais Sam, 67 ans, avec qui on parlera méditation, bonheur et épanouissement personnel. C’est dans  sa maison faite de petits riens, fenêtres ouvertes sur la jungle, qu’on posera nos sacs. On louera un scooter sans l’option tableau de bord et on ira voir où le vent nous mène, libres. On rencontrera les (premiers) sourires des gens d’ici, tellement vrais. On goûtera au pad thaï : celui de la mamma, number one. On déménagera pour se rapprocher de la mer. Au petit matin, séance d’abdos avec Sissy, au bord de l’eau. On constatera combien le monde est petit quand on croisera Anthony du lycée Guillaume Budé et Daniel du collège Sainte-Thérèse. On ira faire le tour de l’île et perdre le nord deux fois, complètement à l’ouest. Match de football improvisé sur la plage avec les gamins qui n’attendaient que ça. On déménagera à nouveau, chez Bee Bee les pieds dans l’eau, toujours plus près des étoiles (de mer). On aura passé presque 8 jours sur l’île des aventuriers.

selfie de couple | équipés pour une virée en scooter à Koh Lanta - Thaïlande
épi de maïs | street food en Thaïlande

À Koh Tao, on aura vu se lever le soleil après une nuit de traversée en bateau, toujours vivants. J’aurais fêté mon anniversaire 11 mètres sous l’eau turquoise : un feu d’artifices de poissons de toutes les couleurs. 

À Chumphon, on aura fait du stop pour la toute première fois et dormi chez Tom comme à la maison. On se sera fait réveiller par les coqs, on aura visité une dizaine de temples bouddhistes par jour, croisé des singes à l’arrière d’une cargaison de noix de coco, admiré d’en bas les bouddhas géants.

à Chumphon | chez Tom
autostop | Chumphon en Thaïlande
backpacker | Google Maps

Partir à l’aventure, c’est prendre le train jusqu’à Hua Hin, dîner sur le marché de nuit, tomber en panne avec le scooter, batterie faible. C’est aussi des soirées Netflix avec une brioche du 7eleven ou des Pocky aux amandes

Chatuchak market

À Bangkok, on commandera nos tuktuk comme on commande un Uber, via Grab. On ira faire du pédalo sur le lac du parc Lumpini (comme Natacha), écrin de verdure avec toutes les tours tout autour. On longera les bidons-villes (les khlongs) à bord d’un bateau qui fume noir, dans les coulisses. On visitera le plus grand marché du monde : Chatuchak ; on fera alors le constat qu’il est possible de tout quitter, de débarquer ici les mains dans les poches et de s’équiper entièrement là. On aura la chance de vivre la plus grande fête en l’honneur de Bouddha, au pied de la cloche en or et on s’amusera à jouer une heure au roi du silence, ébahis. On parcourra la fameuse / sulfureuse Khao San Road : les scorpions grillés, un crocodile au barbecue, les ballons de gaz hilarant, toujours plus, pour quoi faire ? On s’offrira un massage thaïlandais, on ressortira chewing-gum. 

Plus haut : la rivière Kwaï et Kanchanaburi. On longera le fameux chemin de fer, vertigineuxOn visitera la cité de Sukhothaï à vélo, en slalomant entre les vaches et leurs longues oreilles. Je décréterai que Bouddha est / était une femme. On sera invités à danser dans le cortège en l’honneur de jeunes hommes, futurs moines. On aura appris à être curieux. On visitera une boulangerie, très loin de Paris. On goûtera au fruit du tamarinier, dans l’arbre. On préparera les feuilles de tabac au séchage, on s’essaiera à fumer, juste comme ça. On observera de loin la cérémonie de crémation d’un défunt, en musique. On rencontrera le cochon porte-bonheur du village, aussi chanceux qu’il porte chance. 

Kanchanaburi | sur les rails du chemin fer de la mort
Kanchanaburi | sur les rails du chemin fer de la mort

C’est à Chiang Mai – chez Caroline & Étienne – qu’on expérimentera le concept du couch surfing, bonne pioche. On se référera aux arbres numérotés pour s’y retrouver. On passera sept jours dans la jungle, auprès de cinq éléphants rescapés du tourisme animal / du cirque / d’expéditions sur les terrains minés / et j’en passe. Pas de bain de boue du matin jusqu’au soir, pas de coups de brosse du tout, pas de balade sur leur dos, pas de chaines, juste des étoiles plein les yeux. On visitera l’école du village, les enfants. On constatera – consternés – que la pollution plastique est partout, jusqu’au coeur de cette forêt sauvage. On apprendra aux voisins (Australiens, Américains et Thaïlandais) à jouer au UNO et à la bataille Corse ; on y jouera tous les soirs à la belle étoile. On recevra un bracelet – de la part du chef du village – blanc comme les cheveux qu’il nous souhaite d’avoir, avec le temps, sur toute la tête et le bonheur qui va avec.

Journey to Freedom | Elephant Nature Park
Journey to Freedom | Elephant Nature Park
Journey to Freedom | Elephant Nature Park
Journey to Freedom | Elephant Nature Park
Journey to Freedom | volontariat à l'école maternelle - portrait
Journey to Freedom | volontariat à l'école maternelle - photo de classe

On aura vécu 15 jours chez Brite, à Chiang Mai (toujours), en famille : avec la mamie, la maman, le papa, la petite soeur et la petite chose. On aura adopté le masque et oublié la vraie couleur du ciel, en pleine saison des maudits brûlis. On mangera des nouilles au boeuf sans boeuf (#vegan). On aura fêté l’anniversaire de la maman : à préparer des bonbons de riz gluant ensemble, à les emballer dans des feuilles de bananier pour les offrir aux moines. On aura relâché un poisson dans la rivière en formulant un voeu pour l’occasion. On aura aussi inscrit nos initiales sur un morceau de tuile qui servira à la construction d’un temple, sur le toit du monde. On aura visité le parc et le temple préférés de Brite : il nous aura initié aux bâtons magiques, prémonitoires. On aura crevé un pneu tard le soir, appelé un dépanneur, demandé une facture et fait une photo de lui avec le pneu crevé dans une main, les sous dans l’autre en guise de. Après les pad thaï, on aura gouté tous les pad see ew de la ville. On aura laissé filer le temps sur un rooftop. On aura célébré le nouvel an bouddhiste, bataille d’eau géante dans les rues : s’arroser pour se souhaiter le meilleur.  On se sera baigné dans un grand canyon, aussi vrai que nature. On aura fait trois fois le marché du samedi, statues de sel à 18h pour le Roi. On aura visité un temple tout blanc, flippant ; un autre tout bleu avant de prendre la route pour le Laos.

Wat Rong Suea Ten - Temple Bleu à Chiang Rai | Thaïlande
Sukhothaï en Thaïlande | inscrite patrimoine mondial de l'humanité
anniversaire bouddhiste | Chiang Mai en Thaïlande
chez Brite | selfie des familles

LÉXIQUE PHONÉTIQUE :

Kop Koun Kaah / Kaap :  bonjour
Sawadi Kaah / Kaap :  
merci
Tchaï : oui
Mae Ao : non
Nit Noï : un petit peu
Fan’di / Fan’wan : 
bonne nuit / fais de beaux rêves

Koun pein kohn français chai mae ?  :
Est-ce que tu es français ? 

Nôn : un
Saun’t : deux
Kaï : omelette
Kao Neo : (le fameux) sticky rice
Mae pet : pas trop piquant
Mae sae / kin n’nea : sans viande
Paa : poisson

 

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Et encore plus d’images du voyage
sur mon compte Instagram

 

carpe diem

HUMEUR

carpe diem

quam minimum credula postero

Aujourd’hui, j’ai presque 30 ans – 28 ans depuis longtemps – et je quitte tout pour aller voir ailleurs si j’y suis. Je mets fin à mon contrat à durée indéterminée (comme si les jours n’étaient finalement pas comptés), je rends les clefs de mon appartement, et les deux chats sous le bras, je débarque chez belle-maman, mon billet simple en poche, je compte les jours sans réaliser vraiment. Je n’écoute que moi et ce besoin viscéral de partir loin, avec toutes les paillettes que mes copines baroudeuses m’ont déjà mis dans les yeux et les papillons que j’ai dans le ventre. J’entends, cependant, les (remises en) questions des gens. Ces questions qui freinent pas mal d’élans, ces questions sans réponse qui font faire trois pas en arrière quand t’en as fait un grand en avant. Et parce que ces questions méritent des réponses, parce que pile ou face, voilà ce que j’en pense.

Pourquoi maintenant ? à presque 30 ans.

Je ne pense pas qu’il y ait un seul bon moment, peut-être un moment plus propice qu’un autre. Je pense surtout que c’est maintenant ou jamais à un moment donné, quelque soit l’âge de chacun, les origines, le statut, la situation, le contexte, la pointure ou la couleur de cheveux. Aujourd’hui, c’est mon moment, c’est maintenant ou jamais et je ne saurais dire exactement pourquoi.

En vérité, le temps file, il défile : métro-boulot-dodo, c’est la course folle et les fous du volant ; il n’est presque pas permis – à ce rythme-là – de prendre le temps (puisqu’on court après, le souffle court) et de se demander alors ce que l’on veut vraiment. La vie fait que, un jour, tous les plans sont à revoir. Alors, au jour le jour, j’apprends, je prends des notes pour trop tard et j’avise, j’improvise. Il paraît que c’est risqué, à presque 30 ans, de tout quitter : et le trou sur le CV ? et le gouffre financier ? et le mariage ? et les enfants ? alors je prends le risque de tout, j’assume, parce que la vie ce n’est pas ça. La vie c’est pas un réveil à 7h, un petit dej’ devant les clips à la télévision, un métro au ralenti ou un train en retard, un boss de mauvais poil, un écran d’ordinateur, des mails à traiter, un siège mal réglé, un bureau pas bien éclairé, des rendez-vous annulés, pas de vie privée, un métro blindé, un épisode des Marseillais, une soupe et au lit. La vie, c’est pas forcément un mariage et deux enfants à 30 ans, une belle maison et un chien sur le perron. Si je me sens vivante à l’idée d’aller voir ailleurs si j’y suis, alors j’y vais. Si tu te sens vivante à l’idée de partir élever des chèvres dans le Larzac, alors vas-y. Il n’est pas question de s’en poser mille, c’est juste maintenant ou jamais à un moment donné. Il n’est surtout pas question de s’arrêter de rêver.

Pour quoi faire ? 

J’ai été de ceux qui réalisent, quand quelqu’un s’en va trop tôt (toujours), que la vie ne tient finalement qu’à un fil et qu’il nous faut absolument en profiter. Et parce que demain est un autre jour, j’ai été de ceux qui vont prendre à nouveau le métro – l’air de rien – pour travailler dur à réaliser les rêves d’un autre. J’ai aussi été de ceux qui regardent Rendez-vous en terre inconnue , un soir à la télévision, de ceux dont la gorge se serre, les yeux s’inondent, le coeur palpite et le ventre se noue quand les membres d’une tribus des plus isolée du monde te donnent une leçon de vie, l’esprit le plus ouvert qui soit ; et j’ai été de ceux qui se mettent ensuite à reconsidérer les choses en théorie plutôt qu’en pratique.

Parce que la vie ne tient qu’à un fil & parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait, je m’en vais. Je m’en vais voir ce que le monde a à offrir, à la recherche du vrai. Je vais à l’essentiel, je prends le temps pour moi. J’ai reconsidéré cent fois les choses en théorie, il est temps de mettre tout ça en pratique, voyage initiatique. L’aventure n’est pas forcément synonyme de voyage, elle peut être synonyme de reconversion professionnelle, d’entrepreneuriat, d’activité sportive ou artistique qu’on se dit trop vieux pour exercer maintenant, de déménagement, etc. L’aventure, c’est se sentir vivant, peu importe ce qui nous anime.

Pourquoi pas ?

Tout cela n’est qu’une question de choix, et tout le monde est – à mon sens – en mesure de les faire. J’ai, aujourd’hui, le cran d’entreprendre ce qui me plait de faire dans cette vie-là, et j’ai cette chance d’être bien accompagnée ; mais pour le reste il est question d’audace, je crois. On a plus souvent qu’il n’y paraît l’occasion de la réflexion : parce que la vie fait que, encore une fois. Et parce qu’effectivement, “Le premier pas pour avoir ce que vous voulez, c’est d’avoir le courage de quitter ce que vous ne voulez plus.” Je savais ce que je voulais vraiment, au fond : je voulais (je veux) rencontrer, échanger, partager, marcher pieds nus, découvrir, apprendre, comprendre, me fabriquer des souvenirs, vivre pleinement l’instant présent, carpe diem. Il ne me restait plus qu’à quitter ce que je ne voulais plus : et je ne voulais plus subir le lundi (comme tout le monde), compter les jours jusqu’au vendredi, me faire des noeuds à l’estomac quand un client demande 503 cadrages pour hier et que c’est presqu’une question de vie ou de mort, payer si cher pour si peu de mètres carrés, du béton tout autour. Je ne voulais surtout pas avoir de regrets un de ces jours. Il est question d’oser, de (se) risquer, de sauter plutôt que de rester coincé là, à se demander chaque matin ce qu’il y a en contre-bas. On n’a qu’une vie il paraît, alors pourquoi pas ?

enchantée, en voyage

À PROPOS

enchantée, en voyage

Parce que ceci explique forcément cela.

J’ai maintenant 28 ans depuis longtemps. Je suis pacsée depuis 3 ans, en couple depuis 12 ans déjà, deux bébés chats sous le bras qui resteront à l’abris chez mamie. Je suis toujours myope comme une taupe et j’ai laissé tomber les lentilles. Je ne mange plus de viande du tout. Je ne sais toujours pas marcher en talons aiguilles, je préfère de loin marcher pieds nus. Je ne porte pas qu’un seul parfum (bien quatre ou cinq pour dire vrai) mais je n’en emporte aucun avec moi. Je ne suis pas sportive pour un sou mais je me fais violence et je me prépare pour le (nouveau) départ : j’essaie de muscler un peu mon dos tout mou qui risque d’en prendre pour son grade. Je suis curieuse de nature, j’aime aller voir ailleurs si j’y suis alors j’y vais. Je ne mousse plus quand il pleut grâce à Adriano et c’est tant mieux parce le taux d’humidité risque d’être bien plus élevé là-bas qu’ici à Paris. Dans une autre vie, j’étais membre de la tribu Powhatans, fille de Wahunsunacock. Quand je serai grande, j’aurai un chien-loup géant, une chèvre rousse et un cochon nain dans mon jardin ; en attendant, j’ai arrêté de chercher cet appartement pas-trop-loin-de-Paris, je chercherai la maison du bonheur en rentrant. J’ai hâte de pouvoir aménager, décorer et remplir d’amour & de rires un endroit qui sera bien à moi – autant qu’à lui – mais j’ai d’abord hâte de partir loin ; chaque chose en son temps. J’aime dessiner des esperluettes plutôt que d’écrire “et” en toutes lettres, je m’en suis d’ailleurs fait tatouer une au-dessus du coude gauche et je l’ai – depuis – ornée de coquelicots (pour tout ce que cette fleur symbolise), ajouté une dose d’amour sur le poignet et une boussole sur le bras droit pour de se perdre juste ce qu’il faut sans trop perdre le nord. J’aime les phrases à rallonge, qu’elles s’enchaînent sans queue ni tête. Je pense que ce paragraphe annonce un peu la couleur : ceci explique(ra) cela et j’en suis enchantée

Je suis enchantée, bientôt en voyage. Un billet aller sans billet retour ; un nouveau départ. Parce que 2017 a été une année toute pétée, le 1er janvier 2018 on se promettait de prendre le temps pour nous, de vivre pour de vrai, de revoir nos priorités, de ces bonnes résolutions que l’on ne tient jamais. Sauf que le 22 janvier 2019, on s’en va prendre le temps pour nous, on s’en va vivre pour de vrai et pour de bon ; parce que l’on a pris le temps de revoir nos priorités. Des hauts, débats, et tout qui se goupille ; il n’est pas question de s’en poser mille : on démissionne, on déménage, on prend le large.

Parce que Bali alors l’Asie. La Thaïlande, la Birmanie, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie & l’Indonésie. Les orangs-outans à Bornéo et les éléphants à Chiang Mai. Dans une main les rêves, dans l’autre les espoirs, je pars. Quand j’explore, je respire, je ne l’explique pas. Je ne vais pas préparer, je ne vais pas planifier, je vais juste essayer de vivre sans prévoir ce qu’on sera demain.

Comme si c’était maintenant ou jamais, plus que jamais le bon moment. Quand tout s’enchaîne, quand tout se déchaîne, c’est forcément le bon moment : le moment d’aller voir ailleurs si j’y suis. Je reprends donc les commandes – j’ai même appuyé sur RESET – pour faire prendre à ce blog un tournant : il sera mon journal de bord, mon carnet de route & qui m’aime me suive !

je suis une éponge

HUMEUR

je suis une éponge

Introspection d’une substance poreuse qui peut absorber jusqu’à vingt-deux fois sa masse sèche et qui les rejette à la pression.

OCTOBRE 2017 – OCTOBRE 2018

Parce que ce n’était pas dans les plans, parce que j’ai toujours été fière de pouvoir dire de mes parents qu’ils étaient mariés depuis tant de temps, parce qu’on a toujours trouvé ça beau un mariage qui dure et perdure “de nos jours”.

Parce que j’admire le courage de celle qui prend la décision de partir après 30 ans, parce que le bonheur est égoïste. Parce que c’est jamais le bon moment, parce que je comprends. Parce que j’aperçois la femme et l’homme qu’ils sont avant d’être (mes) parents. Parce que si le bonheur est ailleurs d’accord mais faut s’en parler d’abord ; parce que le silence fait beaucoup de bruit. Parce que mon papa c’est le plus fort mais qu’il a le coeur en miettes et la tête en vrac. Parce qu’on veut – et quand on veut on peut – se faire la guerre aussi fort qu’on a fait l’amour, et que ça fait peine à voir.

 Je sais qu’il faut faire la part des choses. Parce que d’un côté il y a une mère libérée et de l’autre un père dévasté, d’un côté une femme épanouie et de l’autre un homme à terre. Sauf que j’ai le cul entre deux chaises et que je perds l’équilibre. Parce que mon coeur balance ; parce qu’une tonne de plumes égale une tonne de plomb. Parce que tout le monde en parle et que le téléphone arabe, aujourd’hui, c’est bien moins drôle qu’à la récré ; parce que je n’ai vraiment pas envie de jouer. Parce que la famille se décompose ; parce que j’ai un poids lourd sur le coeur, la gorge nouée, la tête qui tourne et les épaules basses, lasse. Parce que ce n’est plus pareil : parce que – depuis un an maintenant – le weekend, je vais voir maman ou papa ; parce que je fais bonne figure. Parce qu’en vrai je redoute les évènements à venir ; même si je croise fort les dix doigts pour les voir faire ami-ami d’ici là, à Miami ou ailleurs. Parce que je suis la Suisse.

Parce que ce n’était pas parfait mais c’était nous ; parce que ça a existé. Parce que je parle au passé. Je dis “nous” parce que je me sens concernée, parce que je me sens impliquée. Parce que c’est plus fort que moi ; parce que j’ai l’impression qu’il y a quelque chose à sauver. Parce qu’ils se connaissent depuis la nuit des temps, parce qu’ils avaient 11 et 12 ans. Parce qu’il n’avait d’yeux que pour elle ; parce que loin des yeux loin du coeur. Parce qu’elle est heureuse sans lui ; parce qu’il est malheureux comme les pierres.

Parce que ce n’était pas censé se passer comme ça ; parce que c’est du gâchis. Parce que je fais genre mais que je n’en mène pas large, envie de prendre le large.  Parce que c’est le dos tourné que je perds la face ; parce que je suis en apnée, en surface.

Parce que je suis une éponge,
et Bob n’a qu’à bien se tenir !

enchantée

À PROPOS

enchantée

Parce que ceci explique cela.

J’ai 27 ans depuis peu. Je suis pacsée depuis 1 an et demi, en couple depuis 10 ans déjà, deux bébés chats à charge (bientôt 3 ?). Je suis myope comme une taupe. Je ne mange plus de viande. Je ne sais pas marcher en talons aiguilles. Je n’ai jamais touché une cigarette de ma vie et je n’en suis pas peu fière. J’aimerais me tricoter un très grand plaid alors j’apprends. J’adore la soupe : veloutée ou façon minestrone mais jamais juste moulinée. Je ne fête pas la Saint-Valentin le 14 février mais le 2 mai. Je ne porte qu’une boucle d’oreille à la fois, à l’oreille gauche depuis que j’ai cette petite flèche plantée dans le cartilage de mon oreille droite. J’ai une montre Daniel Wellington™ au poignet ; j’ai échangé le bracelet de base contre un bracelet Charlie Watch© histoire d’avoir un modèle sur mesure (Chez Maman dans le Marais). Je bois du thé à longueur de journée et je pourrais passer mes nuits sur Youtube, à regarder les vidéos des reprises de chansons qui valent au moins la version originale et des lives acoustiques qui font se dresser les poils. Je ne porte pas qu’un seul parfum (bien quatre ou cinq pour dire vrai) mais j’ai mon petit préféré : Jeanne de Lanvin, et je l’aime d’autant plus que je n’ai rencontré, jusqu’à lors, personne qui le porte. Je ne suis pas sportive pour un sou mais je me fais violence. Je ne regarde ni The Walking Dead ni Game of Thrones et je sais que je vais en décevoir plus d’un(e), mais : trop plein de sang, de plaies béantes et de couteau dans le ventre dos ; à côté de ça, je suis complètement fan de Grey’s Anatomy (je suis d’une logique imparable, je sais). Je n’ai pas lu la saga des Fifty Shades of Grey. Je suis de nature curieuse ; j’aime aller voir ailleurs si j’y suis. Je mousse quand il pleut. Dans une autre vie, j’étais membre de la tribu Powhatans, fille de Wahunsunacock. Je suis du genre naïve mais je me soigne. Quand je serai grande, j’aurai un chien-loup géant, une chèvre rousse et un cochon nain dans mon jardin ; en attendant je cherche – avec le Chéri – à investir sans trop m’éloigner de Paris ; on n’y est pas encore et j’ai déjà hâte de pouvoir aménager, décorer et remplir d’amour & de rires cet endroit (un peu comme ce blog ). J’aime dessiner des esperluettes plutôt que d’écrire “et”, je m’en suis d’ailleurs fait tatouer une au-dessus du coude gauche. J’aime les phrases à rallonge, qu’elles s’enchaînent sans queue ni tête. Je pense que ce long paragraphe annonce un peu la couleur minitongue : ceci explique(ra) cela et  j’en suis enchantée.